Découverte de Cuba



La conquête de Cuba

Conquete de CubaEn 1511, Diego Colomb, fils de Christophe et gouverneur des " Indes " , envoie quatre navires et 300 hommes à Cuba. A leur tête, un vétéran des Antilles: don Diego Velazquez de Cuellar. Massacreur d'Indiens, ce Castillan blond et obèse répète le scénario d'Hispaniola (Saint-Domingue). On charge les indigènes à cheval et on tranche des gorges. " Le Diable s'est emparé des Espagnols. " Aventurier au départ, prêtre sur le sol cubain, Bartolomé de Las Casas témoigne des opérations.

" Les Indiens venaient à nous avec victuailles et sourires. Hommes, femmes, enfants : 3 000 êtres passés au fil de l'épée, en ma présence, sans raison aucune..."
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Christophe Colomb à Cuba

Hatuey

HatueyBrûlé vif, On vide les villages et on déporte vers les " laveries d'or " en aval des rivières.
En 1512, les lois de Burgos réaffirment la liberté des Indiens et le principe du repartimiento: le roi d'Espagne les protège et les évangélise moyennant quelques services personnels. ( travaux forcés ). Velazquez procède alors à des dotations d'Indiens. Mais ces indigènes meurent et certains se révoltent. C'est le cas de Hatuey. Brûlé vif, il laissera son nom à une marque de bière et à un idéal de rébellion cubaine. Aujourd'hui, face à l'église de Baracoa, le buste de Hatuey nargue la croix de Parra. La victime, via le métissage, a eu le dernier mot. Les Espagnols s'indianiseront à leur insu.

Colonisation

Baracoa, Bayamo, Sancti Spiritus, Trinidad

Conquete de CubaLa colonisation démarre par un lâcher de porcs dans l'île. Ils se reproduisent et saccagent les cultures vivrières des Tainos: maïs, cassave, patate douce. Premières villes : Baracoa en 1511; puis Bayamo, Sancti Spiritus, Trinidad et, en 1514, Santiago de Cuba, où s'installe Diego Velazquez. Cette année-là, il comptabilise 30 000 porcs dans l'île.

La plupart des hidalgos vivent dans des cabanons. Don Diego occupe une casa somptueuse qui - par quel miracle? - a résisté au temps et trône toujours à Santiago. De là, il dirige la manœuvre. Envoie Panfilo de Narvaez fonder La Havane, un 25 juillet 1515, sur la côte sud de Cuba. Le fidèle Panfilo et ses hommes s'accrochent, mais des insectes voraces auront le dessus. Ils déménagent leur ville au nord, à l'embouchure de la rivière Chorrera. Nouveau désastre. Nos braves lèvent le camp. Le 25 novembre 1519, ils installent La Havane là où elle se trouve encore.

Mais ce n'est pas gagné. L'or s'épuise, l'Indien meurt et l'Espagnol s'ennuie. Les grands ambitieux ne considéraient leur séjour à Cuba que comme une période d'attente. Au-delà des serpents, des crocodiles, des larves qui s'incrustent sous la peau, le quotidien n'est que corruption et haine. Ce qui donne envie d'aller voir ailleurs. Investir la Terre ferme...

Hernan Cortes

Hernan CortesLe 10 février 1519, 11 navires ont quitté la rade de Santiago. Aux commandes de l'expédition, le secrétaire de Velazquez : Hernan Cortes. Drôle, subtil, flambeur, ce juriste n'a peur de rien, ni des cannibales ni d'un gouverneur obèse. Ce dernier, à l'ultime moment, lui interdit de prendre la mer.
Il part de plus belle. On lui envoie une armée pour l'arrêter. Il la retourne. Avec des durs parmi les durs, il met au pas le Mexique. D'autres le suivront, à traquer ces mythes sur l'Eldorado, le trésor des Incas, la source de l'éternelle jouvence. Après Cortes, Francisco Pizarro s'occupe du Pérou. Cuba devient la base de départ des conquistadors.

1513

A l'appel de l'or, l'île se vide. Les restants tentent alors de se reconvertir dans l'agriculture. Ils ont besoin de bras, la variole ayant donné le coup de grâce aux Indiens. Des cargos en provenance d'Afrique vont régler ce problème

Les premiers Noirs sont arrivés a Cuba vers 1513

Esclavage à CubaCortes en a même emmené une poignée au Mexique.
1534, déjà, on en compte un bon millier.

Il y a des Congos, des Loucoumis, des Gangas, des Mandingues, des Carabalis.
Ce traffic est contrôlé par les Portugais. Avec les traités d'Alcaçovas (1479) et de Tortesillas (1494), la Castille et le Portugal se sont partagé le monde. L'Afrique appartient aux Lusitaniens, et le monopole négrier prospère sur l'île de São Tomé. La marchandise n'est pas donnée, et tout contrat exige un accord royal de Séville. Mais Cuba veut des esclaves.

La demande culminera au XIXe siècle. Pourquoi ? Parce qu'un beau matin les Grandes Antilles se sont réveillées sucrières.


Vers le nouveau monde

Le voyage

Christophe Colomb réussit à armer avec difficultés tois bâtiments, avec l'aide des frères Pinzon, armateurs de Palos de la Frontera. Il s'agit de deux caravelles La Pinta, la Niña originaires du port de Palos et d'un bâtiment de commerce "Galega" ou "Maria-Galante", renommé la Santa María, une caraque (bâtiment lourd et massif) fabriquée en Galice. - La Santa María : était le plus gros navire de la flotte, 3 mats, 23,6 m de long sur 7,92 m de large : 233 tonneaux, 39 hommes d'équipage Vaisseau Amiral, Christophe Colomb en assure lui-même le commandement, Capitaine en second Juan de la Cosa. - La Niña : était une petite caravelle 21,44 m de long sur 6,44 m de large : 105 tonneaux, un équipage de 20 hommes, Capitaine Vincent-Yañès Pinzon, - La Pinta : était une petite caravelle, de 15 à 23 m de long sur 6 m de large, 25 hommes d'équipage, 110 tonneaux, Capitaine Martin-Alonzo Pinzon.

Christophe Colomb Le Voyageur de l'infini

Dans ce roman, Patrick Girard nous raconte un Christophe Colomb bien différent de celui de la légende. Nourri de l’imaginaire médiéval et de l’idéal de la chevalerie, Colomb n’avait qu’une ambition : découvrir l’île mythique de Cypango, dont les richesses lui permettraient de financer la reconquête de Jérusalem et du Saint-Sépulcre. De Chio à l’île de Porto Santo, de la Judaria de Lisbonne à sa modeste demeure de Séville, de la mystérieuse Thulé aux côtes de la Guinée, il n’eut de cesse d’obtenir des soutiens à son entreprise. C’est cette lutte acharnée contre l’adversité que nous fait revivre cet ouvrage en nous plongeant au coeur des spéculations qui agitaient alors les cercles savants et les puissants de la péninsule ibérique.