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HISTOIRE DE CUBA - RELATIONS AFRIQUE - CUBA

Interventions cubaines en Afrique

Cuba, une odyssée africaine

Cuba, une odyssée africaine
Cuba, une odyssée africaine Un documentaire de Jihan El Tahri

Fidel Castro
Entre 1961 et 1989, ce ne sont pas seulement deux super puissances qui se sont affrontées en Afrique, mais quatre adversaires aux intérêts opposés

Pourquoi M. Nelson Mandela, après sa libération, a-t-il réservé à Cuba sa première visite à l’étranger ?
Depuis l’épopée d’Ernesto Che Guevara au Congo jusqu’au triomphe des troupes cubaines à Cuito Cuanavale, en Angola, contre l’armée sud-africaine de l’apartheid, c’est tout un pan d’une histoire injustement méconnue qui nous est ici proposé. Passionnant. Et si la guerre froide nous était vraiment contée dans son théâtre le plus méconnu : l'Afrique. Sur ce continent, entre 1961 et 1989, ce ne sont pas seulement deux super puissances qui se sont affrontées, mais quatre adversaires aux intérêts opposés.

Les Soviétiques voulaient étendre leur influence sur un nouveau territoire, les États-Unis entendaient s'approprier les richesses naturelles de l'Afrique, les anciens empires sentaient vaciller leur puissance coloniale et les jeunes nations défendaient leur indépendance nouvellement acquise. Les jeunes révolutionnaires comme Patrice Lumumba, Amilcar Cabral ou Agostinho Neto firent appel aux guérilleros cubains pour les aider dans leur lutte.

Et Cuba sous Fidel Castro s'est mis à jouer un rôle central dans la nouvelle stratégie offensive des nations du Tiers-Monde contre le colonialisme des empires anciens et nouveaux. Derrière cette guerre dite "froide" et ses conflits que l'on a crus par procuration, depuis l'apogée tragi-comique de Che Guevara au Congo jusqu'au triomphe de la bataille de Cuito Cuanavale en Angola, ce film raconte l'histoire de ces internationalistes dont la saga explique le monde d'aujourd'hui : ils ont gagné toutes les batailles, ils ont fini par perdre la guerre.

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Internationalistes en Afrique
On appelait "internationalistes" les combattants cubains engagés sur les fronts de la guérilla en Afrique et en Amérique latine. Dans les années 60, les interventions en Afrique ont été nombreuses, mais restent méconnues. C'est au Congo, peu après l'assassinat du leader indépendantiste Patrice Lumumba, que Che Guevara reprend le maquis pour prêter main-forte aux rebelles. Opérant sous une fausse identité ("Tatu", un prénom swahili), le guérillero, secondé par une centaine de Cubains noirs, tente, en 1965, de faire tomber le pouvoir "néocolonialiste" installé à Kinshasa. Cette première aventure se solde par un fiasco militaire. Mais un an plus tard, La Havane s'attaque au maillon faible de l'empire lusophone, la Guinée, et fournit un soutien technique aux troupes d'Amilcar Cabral, dont la lutte aboutit à l'indépendance du pays en 1974.

Le second volet est consacré au plus haut fait d'armes des internationalistes cubains : la lutte pour l'indépendance de l'Angola. Dans la guerre qui débute en 1975, le Mouvement populaire de libération de l'Angola (MPLA) d'Agostinho Neto, prosoviétique, affronte deux autres rébellions soutenues par les États-Unis et l'Afrique du Sud. Dans cette guerre qui n'a de froide que le nom, La Havane dépêche un corps expéditionnaire de 35 000 hommes sans prévenir le grand frère soviétique. Cette intervention permet au MPLA de proclamer l'indépendance angolaise le 11 novembre 1975. Castro entame une tournée triomphale en Afrique, mais la stabilité angolaise reste fragile. En 1987, le Lider Maximo engage des forces supplémentaires aux côtés du MPLA. Un an plus tard, les Cubains s'invitent aux négociations qui s'ouvrent au Caire entre Angolais et Sud-Africains, sous les auspices américains, pour mettre fin au conflit. Des pourparlers qui aboutiront aussi à la libération de Nelson Mandela...

Ni pétrole ni diamants
Cinq cent mille Cubains se sont engagés dans les guerres de libération africaines au nom de l'idéal anticolonialiste, et dix mille d'entre eux sont morts au combat. Comme le raconte Jorge Risquet, "l'homme au cigare" des négociations du Caire, "nous n'avons ramené d'Angola que les corps de nos camarades, pas de pétrole ni de diamants". En donnant la parole à ceux qui ont contribué à écrire l'histoire, Jihan El-Tahri offre une vision inédite du continent africain. Tout l'art de la cinéaste consiste à faire dialoguer les acteurs et les témoins directs des conflits avec les archives filmées, souvent exceptionnelles. Cette odyssée aurait pu sombrer dans l'historiographie ou l'hagiographie. Elle est au contraire un film d'histoire directe.


Cuba, une odyssée africaine, Un documentaire de Jihan El Tahri
Un film de : Jihan El Tahri, Image : Franck Lehmann, Son : James Baker, Graciela Barrault, Assistants réalisation : Carolina Suarez, Djo Munga, Montage : Gilles Bovon, Commentaire : Alain Gomis, Etalonnage : Isabelle Laclau, Mixage : David Lassalle, Directrices de production : Song Pham, Catherine Grel, Producteurs délégués : Jihan El Tahri, Tancrède Ramonet, Benoît Juster
Une coproduction : ARTE France (Unité de Programme Documentaires).