Le pianiste cubain Ruben Gonzalez, membre du célèbre Buena Vista Social Club, décédé à La Havane à l'âge de 84 ans. N é à Santa Clara en 1919, Ruben Gonzalez avait étudié la musique mais aussi la médecine avant de s'installer définitivement à La Havane en 1940.
Il avait alors opté définitivement pour la musique et avait intégré plusieurs groupes musicaux notamment ceux d'Arsenio Rodríguez et Enrique Jorrín. Ressuscité de l'oubli en 1997, il avait fait partie du projet musical Buena Vista Social Club, suivi du succès de l'album ( 4 millions d'exemplaires vendus dans le monde, dont 400.000 en France, et une Grammy Award), avec le film "Buena Vista Social Club" du cinéaste allemand Wim Wenders sorti en 1999.
Il avait par la suite accompagné au piano plusieurs des interprètes du Buena Vista Social Club, dont Ibrahim Ferrer et Omara Portuondo. Un des plus célèbre membre du Buena Vista Social Club, le chanteur cubain Compay Segundo qui était décédé en juillet dernier à l'âge de 95 ans.
Celui que Ry Cooder décrit comme le plus grand pianiste qu'il est jamais rencontré, sorte de "croisement cubain entre Thelonious Monk et Félix le Chat".
Le jeune homme naît à Santa Clara (Cuba) en avril 1919, et attaque le clavier à 15 ans. Les années 40, si riches en innovation en matière de musique cubaine, le voient aux cotés de la plupart des orchestres, parmi lesquels La Orchesta Paulina, Conjunto Camayo, Los Hermanos, Raul Planas, Mongo Santamaria, Arsenio Rodriguez. Le début d'une vie de musique pour un pianiste noir, dans laquelle le coeur et le bonheur de jouer est plus présent que l'argent.
Une période ou les musiciens n'étaient pas des stars, mais des travailleurs dont le rôle était proche de celui des barmen : rendre le moment agréable pour le public, et si possible avec talent. Nourri au "Son", son jeu déroule danzones, guarachas et cha cha cha avec la grâce un peu désuée et séduisante de la grande époque : celles des bars des grands hôtels de La Havane, ou les miroirs de l'Hôtel Inglaterra, abimés par l'âge comme les doigts de Ruben Gonzalez, n'en finissent pas de renvoyer l'image des fantômes qui s'y saoulaient à coups de mojitos et de daiquiris.
En 1997, accompagné par quelques amis issus d'Afro-Cuban All Stars , Ruben González enregistre son premier disque sous son nom, grâce au label Word Circuit. Pour un pianiste aujourd'hui sans piano - les temps sont durs à La Havane -, c'est une consécration, et c'est pour nous une trace définitive, comme si les murs des halls des hôtels de luxe se mettaient à parler, 50 ans après...
Le célèbre pianiste cubain de Buena Vista Social Club avait réalisé à 82 ans un retour attendu avec l'album "Chanchullo". Celui-ci révèlait un Ruben en pleine forme. Il semblait à l'époque de la sortie avoir retrouvé la fraîcheur de ses 18 ans, avec un incroyable swing, et une étonnante créativité.
Tout comme son compatriote Compay Segundo, décédé en juillet 2003 à l'âge de 95 ans, Ruben Gonzalez aura traversé l'histoire de la musique cubaine depuis les années 20 jusqu'au XXIe siècle. Il a laissé derrière lui les rythmes bouleversants d'une musique à la fois nostalgique et joyeuse, et le superbe album "Buena Vista Social Club", il restera une légende vivante de la musique cubaine...