REPORTAGES A CUBA
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Expo 1 - Les femmes cubaines - Interview suite CUBA, reportage photo de Severine THEVENET |
La prostitution
Quand on parle avec les jeunes on entend des choses vide, banales. Il y a des hommes qui acceptent que leur femme ou leurs filles se fassent offrir des cadeaux par les touristes. Et comme ça ces filles commencent avec un homme puis un autre, elles se promènent, elles voyagent. A l’intérieur de son coeur, on ne peut pas parler d’un amour, mais d’un intérêt économique. On sait bien que la prostitution est une chose vieille dans le monde, les femmes qui se sont prostituées, elles l’ont fait à cause d’une chose bien spécifique mais ici, quand on demande aux filles pourquoi elles font ça, elles ne savent pas pourquoi, sinon pour se promener un ou deux jours et puis c’est fini. Alors qu’est-ce qu’elles vont rencontrer ces filles à l’avenir, elles pourront dire qu’elles ont voyagé, mais à l’intérieur de leur coeur, elles ne seront pas heureuses. Je crois qu’on a eu des choses positives dans ce pays à travers le commencement et le développement de la révolution. C’est vrai qu’il y a eu des choses positives, mais il faut penser que malgré ça, il y a des choses qu’on doit analyser. On a de moins en moins de choses essentielles pour vivre avec la «libretta» comme l’huile, le lait, et on ne sait pas comment cela va évoluer, si ça ne va pas continuer à diminuer. Et pourquoi on ne peut pas avoir des amis étrangers sans les voir comme des extra-terrestres. Alors je pense que l’amitié est la plus belle chose au monde et il faut lutter pour que la jeunesse se sente bien dans son pays et soit fier d’y vivre, pour pouvoir visiter, inviter ses amis comme des choses normales, parce qu’on le fait dans d’autres endroits. C’est tout.
TITI, Grand-mère rencontrée à Rhodas (petite ville de Cuba) Aujourd’hui, il arrive souvent qu’il n’y ait plus de médicaments et s’il y en a, ils sont dans les magasins en dollars et je ne peux pas les acheter. Sans dollars comment puis-je acheter les choses qui me manquent. Dans les "Tiendas" il y a de tout, mais je ne peux pas me les procurer. C’est très difficile surtout avec des enfants, parce qu’il faut les habiller, les nourrir. Mais bon, nous allons voir si on peut continuer comme ça. Luttons ! Nous travaillons tous, nous luttons tous, comment faire autrement. Quand il n’y avait pas le dollar à Cuba, c’était différent, il y avait de tout dans les magasins en pesos et avec le carnet de l’état (libreta) on pouvait tout avoir, café, sucre, huile, pain etc... Maintenant l’huile par exemple on ne peut l’acheter qu’en dollar et la bouteille coûte la moitié d’un salaire cubain en pesos. Alors comment puis-je en acheter ? Je n’en mange plus, j’ai un cochon c’est tout.
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