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Tourisme à Cuba
C'est vrai que les tours opérateurs
Français proposent traditionnellement d'autres destinations dans
les Caraïbes, à commencer par la Martinique et la Guadeloupe.
Mais début 1993, il y a comme une engouement pour Cuba, et le
nombre de vols directs hebdomadaires Paris-La Havane sera même
porté à quatre pendant plusieurs mois (Maintenant Air France s'interresse
aussi a cette destination). Une trentaine de tours opérateurs
ont inclu Cuba dans leur catalogue. Quelque 28 000 Français visitent
la grande île en 1993 et 34 800 en 1994.
Nécessité faisant loi, le tourisme est
donc devenu la clé de voûte de la survie économique. Des concessions
importantes ont été faites pour permettre l'investissement de capitaux
étrangers, la construction rapide et la rénovation des installations
hôtelières, la gestion d'hôtels quatre étoiles par des sociétés mixtes
ou étrangères, l'appel à des tour opérateurs susceptibles de faire venir
la clientèle visée... dans ce domaine les changements sont spectaculaires.
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A La Havane vient de s'achever
la construction, en front de mer, de l'hôtel de luxe Cohiba. Nécessité
faisant loi, le tourisme est donc devenu la clé de voûte de la
survie économique.
Des concessions importantes ont été faites pour permettre
l'investissement de capitaux étrangers, la construction rapide
et la rénovation des installations hôtelières, la gestion d'hôtels
quatre étoiles par des sociétés mixtes ou étrangères, l'appel
à des tour opérateurs susceptibles de faire venir la clientèle
visée...
dans ce domaine les changements sont spectaculaires.
A Varadero, où les constructions
de nouvelles installations se multiplient, les hôtels Melia et
Sol Palmera trônent avec arrogance bien dans les goûts de leur
clientèle, sable blanc et cocotiers, soleil brûlant et air conditionné.
Et l'urbanisation exclusivement touristique de certains îlots
paradisiaques sur la côte atlantique, reliés au littoral par un
terre-plein artificiel de plusieurs dizaines de kilomètres, avance
bon train : un hôtel haut de gamme, dont l'exploitation a été
confiée au groupe espagnol Guitart, a été inauguré par Fidel Castro
en novembre 1993 à Cayo Coco.
Même s'il est sensible à la conjoncture économique internationale, ainsi qu'aux événements politiques internes et internationaux, le
développement du tourisme à Cuba est loin d'avoir atteint ses limites. Les richesses naturelles de l'île sont tout à fait exceptionnelles et très partiellement mises en valeur.
Si demain l'embargo des Etats-Unis était enfin levé, et que Cuba ne soit plus frappée d'interdit pour les citoyens de ce pays, il n'est pas difficile d'imaginer les effets considérables que cela aurait sur le tourisme dans l'île. C'était probablement le passage forcé pour assurer la survie de la révolution cubaine, mais comment ne pas s'interroger sur l'état dans lequel elle sortira de cette nouvelle épreuve.
Le ministère du tourisme avait annoncé la construction de 55000 chambres d'ici cinq ans, soit autant qu'au cours des dix dernières années. De luxueux complexes hôteliers germent le long des plages, tendant à remplacer les barres inesthétiques des années 1950.
| Quelques
catastrophes écologiques seront à prévoir : les 10 000 chambres
envisagées sur le Cayo Santa Maria, îlot paradisiaque du
Nord, auront sans doute raison des iguanes qui résident
sur l’île. Dans les vieilles villes, la réfection des hôtels
et demeures de l'époque coloniale va bon train, tandis que
les quartiers populaires n'en finissent pas de décrépir.
Si les "casas particulares", chambres chez l'habitant, ont
été autorisées en 1994, elles sont lourdement taxées et
interdites en certains lieux, notamment la très fréquentée
péninsule de Varadero, afin de ne pas concurrencer les établissements
gérés par l'Etat. Partout, les sites naturels sont mis à
profit. Même loin de toute agglomération, plages, cascades
et sentiers sont précédés de parkings payants, buvettes
et gardes chargés de percevoir un droit d'entrée. Le touriste
étonné des montants et de leur rapide inflation se voit
répondre qu'ils sont fixés et perçus par l'Etat. Lequel
a cru bon de créer des centres d'intérêt là où ils manquaient
: à Vinales, le "Mur de la préhistoire" se révèle une fresque
récente et criarde, commandée par le gouvernement afin d'attirer
les visiteurs.
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Le voyage en terre révolutionnaire réserve encore quelques surprises. La police, omniprésente au prétexte de protéger les touristes des rabatteurs ou prostituées, n'éloigne pas ceux-ci mais freine les rencontres avec la population. Malvenu dans les lieux qui ne lui sont pas dédiés, le visiteur est obligé de tout payer en dollars. A l'inverse, les Cubains se voient interdire l'accès aux sites voués au tourisme international. A moins d'y travailler, pour des salaires de misère... Car les devises des capitalistes ne sauraient profiter qu'à l'Etat socialiste.
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