Nicolás Guillén



Grand nom de la poésie cubaine au vingtième siècle.

Nicolás Guillén, né à Camargüey en 1902, est le grand nom de la poésie cubaine au vingtième siècle. Issu d'un milieu ouvrier, il fit des études de droit et devint avocat avant de se tourner vers le journalisme en fondant, en 1923, la revue Lirio. il a chanter les charmes de son île, et son espoir en l’avènement d’une société plus juste.

Motivos de son

Nicolás GuillénC'est en 1930 que Guillén publie ses premiers poèmes, Motivos de son, dans une revue de La Havane. Inspirés de la tradition musicale populaire afro-cubaine, ses textes empruntaient leur thème à la vie et au langage des Noirs et des mulâtres de La Havane. Guillén inaugurait ainsi ce qui devait fonder l'essentiel de sa poétique, l'appel au respect de la personne humaine et l'éloge du métissage entre les cultures noire et européenne.

Refus de l'injustice

Il développa ces thèmes dans ses recueils suivants, Sóngoro Cosongo (1931), West Indies Limited (1934) et plus tard Elegías (1948-1958), La Paloma de vuelo popular (1958), Tengo (1964), où s'affirmait son refus de l'injustice, de la colonisation et de l'impérialisme.

En la guerra de España

Nicolás GuillénPuis Guillén amorça une évolution politique importante: ne se satisfaisant plus désormais de peindre la vie de tous les jours des pauvres et des opprimés, il commença à lutter en leur faveur. Les poèmes para soldados y sones para turistas , (1937) manifestent son engagement croissant. Cette même année, il quitte Cuba pour voyager au Mexique, en Amérique du Sud et en Espagne, où il prend part à la guerre civile aux côtés des républicains. Le recueil España, poema en cuatro angustias y una esperanza, (1937) traduit l’admiration de Guillén pour le patrimoine espagnol et son désespoir devant sa destruction. , il publia des poèmes sur son expérience de la guerre en Espagne, ainsi que des portraits de ses amis républicains, En la guerra de España (1988).

Coup d'État de Batista

S'étant exilé à Paris après le coup d'État de Batista en 1952, il y revint en 1959, après la révolution castriste, et devint membre actif du Parti communiste et chantre du régime. Elu président de l'Union des écrivains et artistes de Cuba en 1961, il fut proclamé « poète national » et occupa des fonctions administratives jusqu'à sa mort en 1989.

Poêmes de Nicolás Guillén

Culture afro-cubaine

Poêmes de Nicolás GuillénSon originalité, sa maîtrise des techniques poétiques liées à son engagement politique ne se sont jamais démenties. Les traductions de ses oeuvres ont permis à un vaste public de s’initier à la culture afro-cubaine, profondément originale, que Guillén a tenté de préserver en fondant la Sociedad de estudios afrocubanos.

Poêmes

Peux-tu me vendre l'air qui passe entre tes doigts et fouette ton visage et mêle tes cheveux?
Peut-être pourrais-tu me vendre cinq pesos de vent,
ou mieux encore me vendre une tempête?
Tu me vendrais peut-être la brise légère, la brise
(oh , non, pas toute!) qui parcourt dans ton jardin tant de corolles,
dans ton jardin pour les oiseaux, dix pesos de brise légère?

Le Chant de Cuba

Nicolas Guillén à La Havane

Nicolas Guillén à La Havane

Guillén et la négritude

La négritude de Guillén s’exprimera par sa lutte pour l’intégration des individus noirs dans une société cubaine multiraciale. La vie se déterminait alors là-bas à l’aune de ses douleurs. Et les douleurs passées, marques indélébiles de quatre siècles d’esclavage, continuaient de la déterminer. Pour Guillén, l’intégration passait donc par un combat des descendants d’esclaves contre l’impérialisme et le néocolonialisme. Sa négritude était un état d’esprit. Il participait par elle à l’émergence d’une civilisation de l’universel, et prenait part à cette immense rosace, emplie de couleurs venues de tous horizons planétaires. Une rosace qui se proposait d’établir à la face du monde extérieur à l’Afrique, qu’il existait une personnalité négro-africaine, intrinsèquement et originalement différente de celle de l’Occident. Il va dans certains de ses poèmes défendre les valeurs traditionnelles et de retour aux sources africaines tel que dans son poème Chanson du Bongó tiré de Sóngoro cosongo de 1931.

Négritude francophone

Ce mouvement avait pour objectif de marquer définitivement des points à l’extérieur du monde noir. L’influence de la négritude francophone sera incontestable tout au long de son œuvre. Pour Aimé Césaire, écrivain martiniquais et fondateur de ce mouvement avec Léopold Sédar Senghor et Léon-Gontran Damas, la négritude se caractérisait par « le rejet de l’assimilation culturelle, et d’une certaine image du noir paisible, incapable de construire une civilisation ». La valorisation de l’apport culturel africain et de ses représentants, ainsi que le rejet de la ségrégation raciale prôné par Césaire, apparaîtront comme les deux piliers de l’œuvre de Guillén. Le désir d’émancipation vis-à-vis de la culture européenne sera l’un des enjeux fondamentaux de sa littérature. Mais contrairement à un Césaire, les accents militants du Cubain sont dus à des raisons plus sociales que raciales. Sa négritude semble plus être une manifestation d’un esprit libéral, qu’une action à finalité politique. Pas de traces d’un courant national ou d’une véritable conscience raciale pour un poète d’ailleurs à la fois noir et blanc.

Le négrisme hispano-caribéen

Nicolas GuillénLe négrisme hispano-caribéen de Guillén pourrait donc se comprendre comme une sorte d’union entre la culture négro-africaine, et la culture dérivant de la société cubaine de l’époque. Si la négritude relevait plus d’une attitude, le négrisme s’apparente un peu à l’action qui lui succède. « À l’attitude succède le mouvement. À la négritude succède le négrisme », expliquait Abanda Ndengue, inventeur de ce concept, dans son ouvrage De la Négritude au Négrisme paru en 1970. Un mouvement artistique, créatif, pour la revalorisation d’une civilisation. Nicolás Guillén, est parvenu à revaloriser et à réhabiliter le peuple afro-cubain. Réussite due notamment à la transposition de leurs structures musicales dans le domaine poétique. Il a fait du négrisme un instrument culturel révolutionnaire. La sauvegarde du « folklore cubain » d’origine africaine a permis aux noirs de l’île, passifs jusque-là, de devenir les acteurs principaux des œuvres poétiques et artistiques de Cuba à partir des années 30.


Nicolas Guillen

Poêmes

Ouvrages traduits en français : Chansons Cubaines et autres poèmes (Seghers, 1955) Trad. de Claude Couffon. Elégies Antillaises (Seghers, 1955) Trad. de Claude Couffon.
Avec ce coeur, je vis (EFR, 1976) Trad. de Pierre Gamarra.
Espagne (poème en quatre angoisses et une espérance) (Caractères, 1976) Trad. de C. Couffon
Le Grand Zoo (Seghers, 1967) Trad. de René Depestre.
Le Chant de Cuba, poèmes 1930-1972 (Belfond, 1984). Trad. de C. Couffon.

50 ans de révolution cubaine

Il était l'un des plus expérimentés parmi les vegueros privés, qui avait amené la production de la cape à un haut niveau de perfection.

A Découvrir

MySHOP Cubalatina

- Toute la musique cubaine
Retrouvez tout les albums de musique cubaine avec Amazon.fr

Cuba sur les pas d'Ernest Hemingway

Ernest Hemingway, lauréat du Prix Nobel de littérature et du Prix Pulitzer, écrivain mythique de par son oeuvre autant que par sa vie. Il a en effet dû vivre avec le suicide de son père, la participation à trois guerres et la dissolution de trois mariages pour écrire ce que d'aucun considère aujourd'hui comme des chefs d'oeuvre : Le Soleil se lève aussi, L'adieu aux armes, Les neiges du Kilimandjaro, Pour qui sonne le glas et bien entendu Le vieil homme et la mer. Découvrez les principaux lieux de la capitale cubaine où l’illustre écrivain américain a laissé son empreinte. Ernest Hemingway eu un réel coup de foudre pour la ville de La Havane dès son premier séjour sur l’ile de Cuba dans les années 30.

Rechercher - Livres