Roberto Fonseca



Concerts

Roberto Fonseca au Festival de Jazz de Barcelonnette

Mélody Gardot, Roberto Fonseca et Marcus Miller. Les têtes d’affiche du Festival de Jazz de Barcelonnette

Yo, l'Album

Roberto Fonseca

Cubadisco

Roberto Fonseca avait reçu deux prix Cubadisco 2013 pour son dernier album YO, dans la catégorie Album Fusion, et Enregistrement de l’année.
Roberto Fonseca accompagne sa musique avec tout son corps, allant jusqu’à se lever pour marteler son piano comme s’il s’agissait d’un instrument de percussion. Il peut arriver qu’il s’empare d’une caisse claire et change son groupe en « comparsa » - un ensemble de percussions qui défile dans les rues lors du carnaval, équivalent cubain de la batucada brésilienne, entraînant le public dans une danse euphorique… YO, son nouvel album, prolonge cette fête et le révèle comme vous ne l’avez jamais entendu. Reconnu comme une figure majeure du jazz cubain actuel et du jazz tout court, il démontre que son horizon ne se limite pas aux subtilités de la note bleue ni à l’azur des Antilles. Qu’il ait choisi de le baptiser de son pronom personnel « yo », « je » ou « moi » en espagnol, et de poser sur sa pochette torse nu, les mains ouvertes vers le ciel, n’est d’ailleurs pas anodin. Sa photo dans le plus simple appareil, sans chapeau ni bijou, évoque une renaissance. Ce disque inaugure plus une nouvelle étape qu’une rupture, précise Fonseca. Il exprime mon regard sur mes racines à la lumière de mes expériences et expose la diversité de mon monde musical, toutes ces idées que je gardais dans un coin de ma tête sans avoir l’occasion de les mettre en œuvre. Si les nouvelles compositions reprennent les thèmes d’amour et de spiritualité qui le nourrissaient déjà, Fonseca puise cette fois dans une palette sonore ample et contrastée. À la place de son habituel quintette de jazz, il développe avec YO un concept d’union entre instruments électro-analogiques et africains, orgue Hammond et luth n’goni, congas et tambour tamani, le tout combiné dans une synthèse de groove afro-cubain et de tradition des griots.

Culture yoruba

Quant à sa relation à l’Afrique et à la culture yoruba en particulier, elle fait partie intégrante de son héritage familial. Élevé dans le quartier de San Miguel del Padrón à La Havane, sa grand-mère paternelle lui a transmis sa foi pour le culte des ancêtres de la santería cubaine. Une connexion que le pianiste a choisi d’approfondir en conviant de nombreux musiciens africains à ses côtés. "J’avais toujours rêvé de voir ce que pouvaient donner mes compositions interprétées avec des musiciens africains de ma génération". C’est un honneur d’avoir pu compter sur Baba Sissoko, Sekou Kouyate et Fatoumata Diawara, au-delà de leur talent ce sont des personnes qui ont la main sur le cœur et donnent sans compter.
Au total, une quinzaine de musiciens, instrumentistes ou chanteurs, participent à la production de YO. Outre les Africains précédemment cités et les Cubains Ramsés Rodríguez et Joel Hierrezuelo, deux proches collaborateurs de Fonseca depuis des années, la versatilité du bassiste Étienne M’Bappé et du guitariste Munir Hossn contribuent à la richesse du projet, sur lequel figurent également la star algérienne Faudel, le chanteur sénégalais Assane Mboup d’Orchestra Baobab et l’artiste de « spoken word » Mike Ladd. Enfin, l’Anglais Gilles Peterson, partenaire privilégié de Fonseca depuis leur rencontre sur le projet Havana Cultura, apporte naturellement son expertise à la co-production de deux titres.
Yannis Ruel



Yo

Raconter une histoire

yo, Roberto FonsecaLe disque s’ouvre sur une fête, un peu comme se terminent les concerts de Roberto Fonseca... Sûrement l’un des thèmes les plus percutants, 80’s fait référence à une époque où on dansait sans se soucier des étiquettes, sur une musique aux vertus intégratrices comme le disco - cette décennie qui précède la chute du mur de Berlin et la « période spéciale » à Cuba. Illustrant l’influence de la percussion sur son jeu, Fonseca alterne piano et Hammond pour élaborer son récit : "Je compose généralement en racontant une histoire, à la façon d’un film. Là, j’imagine qu’une comparsa de carnaval débarque devant chez moi alors que je travaille sur mon piano. Je continue à jouer, je m’intègre à la fête, avant que les tambours ne poursuivent leur route et que je reprenne mes exercices, d’où cette coda classique !"

Les Amériques noires

Des Amériques noires, Bibisa nous transporte en Afrique. Composition de Baba Sissoko, le morceau voit converser le piano de Fonseca, la voix de Fatoumata Diawara et un tandem de cordes africaines interprétées par Baba Sissoko (n’goni) et Sekou Kouyate (kora). C’est un thème organique et spirituel, qui imagine un petit groupe de personnes réunies sous un arbre pour discuter, explique Fonseca. Mais en écoutant bien, on réalise que la clave (ce schéma rythmique à partir duquel s’organisent les musiques populaires cubaines) est là dès le début et que tout le morceau joue sur ce contraste entre ce leitmotiv cubain et des éléments nettement africains. C’est le projet du disque : toucher la racine africaine sans oublier d’où je viens, sans oublier Cuba.
Yannis Ruel

Yo

Quien soy yo

yo, Roberto FonsecaQuien soy yo, jusque dans son titre, est un des manifestes de l’album. Sous son apparente simplicité, le thème puise dans différents styles de musique cubaine pour en décomposer les éléments et les recomposer selon une structure inédite. À ce montage déjà savoureux viennent s’ajouter la puissance vocale d’Assane Mboup, l’un des chanteurs du légendaire Orchestra Baobab, et les riffs brésiliens de samba de Munir Hossn au cavaquinho. Ce thème parle d’amour et de vibrations positives. Il réunit trois des forces musicales les plus importantes, reliées par la Terre mère, AFRICA.
Comme pour clore la boucle, Fonseca mobilise Hammond, Rhodes et Moog dans un hymne jazz-funk, une course poursuite vertigineuse entre la section rythmique d’Étienne M’Bappé, Joel Hierrezuelo et Ramsés Rodríguez, le compositeur. Rachel est le prénom de l’une des filles de Ramsés. Il en avait enregistré une première version dans une veine cubaine mais j’ai tout de suite pensé en l’écoutant que le morceau pourrait s’adapter à ce style légendaire.
Aux personnes qui se demandent encore qui est Roberto Fonseca et à toutes celles qui pensaient bien le connaître, le musicien cubain répond : YO. Une épopée au carrefour du jazz, des musiques traditionnelles et de la soul ; une traversée de part et d’autre des rives noires de l’Atlantique ; un disque qui présente un nouvel artiste, non pas qu’il ait changé mais parce que son art recèle encore bien des surprises.
Yannis Ruel


Roberto Fonseca, YO

Dates de concerts

Discographie Roberto Fonseca

L'Album Yo

El soñador está cansado est une autre composition de Fonseca et le deuxième titre à la production duquel participe Gilles Peterson. Il débute par un solo de piano, puis adopte une tournure soul-funk avec Fonseca au Rhodes. Un morceau dédié à tous les romantiques, qui parle de la désillusion en amour. Mais aussi un clin d’œil à la sonorité vintage de la nouvelle soul anglaise et au talent de gens comme Peterson, qui apportent une saveur particulière. Le défi était de combiner cela avec des éléments de percussions cubaines et africaines très prononcés.
Chabani est le nom de famille d’un ami algérien de Fonseca, qui lui a fait connaître la richesse culturelle et musicale du Maghreb. Les mélismes du chanteur Faudel y reflètent d’emblée la vision d’Alger la blanche, tandis que le tamani - ou « tambour qui parle » - de Baba Sissoko fait des étincelles.


A Découvrir

MySHOP Cubalatina

- Toute la musique cubaine
Retrouvez tout les albums de musique cubaine avec Amazon.fr

Latin Jazz

Roberto Fonseca refuse les étiquettes de jazz afro-cubain ou latin jazz. "Ma musique est ouverte", en avançant ses influences rock, soul, musique classique, pour laquelle il confesse une "dévotion", pop, rap, musiques traditionnelles et bien sûr afro-cubaines.
Dans chacun de ses disques, Roberto Fonseca rend hommage aux orishas, les divinités afro-cubaines, et à ses ancêtres. Il inclut également des morceaux chantés par sa mère Mercedes Cortés, ou d'autres interprètes comme Omara Portuondo, la diva du Buena Vista Social Club.
.