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CLASSIC CARS

Série de réformes

Le droit de vendre et d'acheter des véhicules à Cuba

Classic cars

Les autorités cubaines ont rendu publiques les grandes lignes de 313 réformes économiques et sociales, destinées à encourager l'initiative privée et à réduire le rôle de l'État dans la vie économique, tout en interdisant l'accumulation des biens privés. Elles devraient notamment permettre à la population de voyager à l'étranger, pour la première fois en plus de 50 ans.

Si les séjours à l'extérieur du pays ne sont pas formellement interdits, leur coût et les multiples barrages bureaucratiques auxquels ils sont soumis sont fortement dissuasifs. À part les athlètes, les artistes, les universitaires et quelques hommes d'affaires, très peu de Cubains ont la chance de se rendre à l'étranger.

La version finale des réformes économiques, annoncées à l'automne, amendées, puis adoptées lors d'un congrès historique du Parti communiste cubain, en avril dernier, inclut d'autres mesures à fort impact social.



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Réparation
Photos : Alain Guillaume


J'assume mon dernier devoir avec une ferme conviction et l'engagement [...] à défendre, préserver et continuer de perfectionner le socialisme, et ne jamais permettre le retour du régime capitaliste.

- Le président cubain, Raul Castro, lors de la clôture du congrès du PCC, le mois dernier


Les Cubains auront par exemple le droit de vendre et d'acheter des véhicules et des logements. S'ils peuvent déjà acheter librement une propriété, ils n'avaient jusqu'ici pas le droit de la revendre pour en tirer un profit. Cette interdiction a donné naissance, il y a plusieurs années déjà, à une vaste économie souterraine, par laquelle s'échangent les appartements.

Quant aux automobiles, elles ne peuvent être vendues qu'avec l'autorisation de l'État, à moins qu'elles ne datent d'avant la Révolution, ce qui fait le succès des vieilles Cadillac ou Buick américaines.

Le gouvernement cubain prévoit également l'élargissement à tous du crédit bancaire.

Autre élément prévu : la fin progressive des rations alimentaires distribuées chaque mois aux Cubains depuis plusieurs décennies, définies le mois dernier par Raul Castro comme un « fardeau insupportable » pour le pays. Les salaires des dirigeants et des employés des entreprises publiques seront liés aux performances financières de ces entreprises.

Les 3700 entreprises publiques cubaines, qui contrôlent la majeure partie de l'économie, gagneront pour leur part en autonomie, mais celles qui ne sont pas rentables, c'est-à-dire la majorité, ne pourront plus compter sur l'aide de l'État.

Gros point noir de l'économie cubaine, qui doit importer 80 % des produits alimentaires dont elle a besoin, la production agricole sera décentralisée.

Les changements incluent aussi des réductions dans les effectifs de la fonction publique, les subventions et les dépenses ainsi qu'une ouverture accrue au secteur privé, dont la possibilité pour les petites entreprises d'embaucher leurs propres salariés.


Agence France Presse et Reuters