Le
barbare du Rythme
(el Barbaro del ritmo)
Un jeune troubadour inconnu, en provenance de Santa Isabel de Las
Lajas, arrive en 1943 à la Havane, avec sans autre bagage que sa guitare.
Bartolomé Maximiliano Moré Benitez deviendra célèbre sous le
nom de Benny Moré.
Ses débuts dans la capitale cubaine
sont très difficiles. Condamné à errer d’un bar à l’autre avec sa
guitare, il fait aussi l’expérience de la radio, où il cachetonne
pour vingt centavos par émission.
Ce n’est qu’à partir de 1945
que la chance sourit au chanteur, deux ans après son arrivée.
Le grand Miguel Matamoros remarque Bartolomé et décide de l’intégrer
aussitôt dans son groupe Baconao. Avec Ciro Rodriguez, Rafel
Cueto et Miguel Matamoros en personne, Bartolomé enregistre
ses premiers disques pour le label RCA Victor.
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Avec
Bacanao, il effectue ses premières tournées à l’étranger, et c’est
au Mexique, où il demeure jusqu’en 1951, qu’il remporte ses premiers
succès. Il décide d’y prolonger son séjour et Miguel Matamoros lui
conseille alors d’adopter un pseudonyme plus commercial. Benny Moré
signe ainsi son propre acte de naissance à Mexico.
A la fin des années 40, il est partout : radios, cabarets, films,
rien ne lui échappe ! Il chante avec les orchestres de Rafael de Paz
et de Lalo Montané, puis intègre finalement l’orchestre d’un autre
Cubain, le pianiste Damaso Pérez Prado, l’inventeur controversé du
fameux mambo. Grâce aux disques enregistrés pour le label RCA Victor,
Pérez Prado et Benny Moré deviennent des figures de tout premier plan.
De retour à Cuba, Benny Moré rejoint fin 1951 l’orchestre du saxophoniste
Mariano Merceron et ses Muchachos Pimienta (garçons piquants)
à Santiago. Deux chanteurs locaux complètent ensuite le trio vocal
du groupe Pacho Alonso et Fernando Alvarez.
Benny a conquis les faveurs du public,
et dans l’orchestre d’Ernesto Duarte, il contribue à populariser quelques-uns
des thèmes du compositeur, tel le " bolero como fue . Mais le
triomphe absolu n’est au rendez-vous qu’en août 1953 lorsqu’il parvient
enfin à fonder son propre orchestre. La Banda Gigante, son groupe
qu’il appelle tendrement sa " tribu ", l’aide à mettre
en valeur ses inimitables dons de chanteur de sones, de montunos
ou de boleros, interprétés avec grâce et un talent exceptionnel.
Benny Moré devient un mythe vivant ! Il accumule succès sur succès,
citons " Cienfuegos ", " Te quedaras
", "Dolor y perdon ", " Mi amor fugaz
", " Bonito y sabroso ", et tant d’autres désormais
grands classiques de la musique cubaine.
Sa vie et sa carrière artistique seront
rapides et agitées. Benny était un homme simple, humble et immensément
populaire qui n’hésitait pas à combattre les préjugés et les conventions
sociales injustes ou dépassées. Il vivait pleinement sa vie, parfois
à outrance, et goûtait à tous les plaisirs sans aucune restriction.
Son art demeurait intact, mais ses trop nombreux engagements professionnels,
la vie de bohême et ses excès lui ruinaient lentement la santé. Le
19 février 1963, Benny Moré meurt à quarante-trois ans, et entre directement
dans la légende.
Plus de deux cent mille personnes
se massent sur le parcours suivi par son cercueil, le peuple
lui accordant ainsi des funérailles quasi nationales pour un
dernier vibrant hommage. Il est enterré au son d’un rite funéraire
" Mayombero " d’origine bantù, joué par La
Sociedad de los Congos de son quartier natal de La Guinea.
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Las grandes
voces del bolero |
| Baila
mi son |
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