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La renaissance du Troubadour
Quand Ry cooder débarque
à la Havane en 1996 pour mener son projet autour de la musique
cubaine, il s'interesse au personnage de Compay Segundo, il en fera le pilier de Buena Vista Social Club un
album où sont réunis en autres Rubén Gonzales Ibrahim Ferrer et Omara portuondo, il faudra ce disque pour que la majorité des cubains apprenne que Compay existe, alors qu'il est
acclamé à l'étranger. en 97 ses chansons commencent à passer à la radio...
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Pourtant le chemin a été
long pour que "Francisco Maximo Repilado Muñoz",
de son vrai nom, né en 1907 à Siboney, village de
la province d'Oriente, près de Santiago de Cuba. Fils d'un conducteur de locomotives employé de la compagnie des mines,
Dés son plus jeune âge, il reçoit des leçons de solfège avant d'intégrer comme clarinettiste la fanfare
municipale de Santiago. Et compose à 15 ans sa première
chanson : "Yo vengo aquí". |
Employé
dans une manufacture de tabac comme tabaquero,
"Dans toutes les fabriques de cigares de La
Havane, d'ailleurs, un étage est réservé aux rouleurs
de cigares - les torcedores -, le métier le plus noble
qui soit pour un Cubain. Compay a longtemps été torcedor
; jusqu'à ses soixante-dix ans. " Sans manquer un seul
jour ! dit-il. Je suis Cubain, quand même ! " Un Cubain
authentique boit du rhum, fume le Habano et a l'oeil
qui s'illumine à la vue d'une belle femme".
Alors Compay fume. Ça lui a pris en allumant
les cigares de "Ma Regina", sa grand
mère, une esclave libérée qui vécut
jusqu'à 115 ans. pour compay, le cigare est aussi
important que la musique.
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le futur Compay Segundo fréquente ensuite le petit monde des "trovadores", ces troubadours
qui composent et chantent en s'accompagnant à la guitare.
L'instrument hybride dont il joue est de son invention, c'est
une guitare à sept cordes appelée armónico aux sonorités
particulières, issue du tres cubain et de la guitare
espagnole avec sept cordes métalliques, la troisième double,
plus sophistiquée, et qui lui donne plus de liberté dans la
création de ses chansons.
En 1934, il part
à la Havane avec Ñico Saquito, l'un des plus célèbres musiciens
de l'époque, qui après l'avoir remarqué, se fait engager
par un quintette de son "Cuban Stars"avec
lequel il restera deux ans.
Le "son" issu de la province d'Oriente est
alors à la mode dans la capitale, il n'a aucun mal à exercer
sa musique. Quand il commence à parler de són, Compay a soudain
des yeux qui brillent, un visage épanoui, juvénile. Il a tout
joué, La salsa, la rumba, le mambo, la cha-cha-cha, le boléro,
le vieux danzón et l'antique són. Pio Leyva, un vieux
maître du són compagnon de Compay, dit : " Le són est le
père de tous les genres cubains. Les autres peuvent être très
bien, mais le són a été le premier. Il faut le respecter.
" " Les gens confondent souvent le són avec la salsa
", ajoute Compay sur un ton insistant.
En 1936, il part au Mexique comme membre du Cuarteto
Hatuey, dirigé par Evelio Machin. Il y reste six
mois et enregistre son premier 78 tours . " C'est le
seul exil qu'il ai connu. il retourne toujours chez lui, à
Cuba. il est trop attaché à sa terre pour supporter un quelconque
exil. " Sollicité à son retour, Repilado enregistre pour la
firme RCA-Victor, avec le Trío Cuba.
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Miguel Matamoros, originaire lui aussi de Santiago, engage Compay mais comme
clarinettiste dans son groupe Trio Matamoros ou il côtoie Sindo Garay, il quittera le groupe au bout de douze ans.
En 1948, Il forme le duo Los Compadres
avec un musicien de sa région, Lorenzo Hierrezuelo,
Los Compadres entre de plein droit dans l'histoire de
la musique populaire cubaine.
Hierrezuelo fait la première voix ,
le nom de scène de Repilado. vient de
là : Compay, une déformation de Compadres,
et Segundo, car il faisait toujours la seconde voix. |
Pendant des années, Los Compadres enregistrent un 78 tours, soit deux chansons par mois, ils participent à une émission de radio quotidienne
qui est écoutée dans toute l'île, et en République Dominicaine. Leur style où les proverbes, les traits d'humour et les allusions
gaillardes dominent, les rend populaires auprès des gens humbles, dans les campagnes comme dans les villes. Le duo dure quatorze
ans. Le temps de se faire un nom, une place incontournable dans le paysage de la musique cubaine.
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