La grande dame de la chanson cubaine, revenue dans l'actualité grâce au "Buena Vista Social Club".
Elle vient de fêter ses 60 ans de carrière, avec deux nouveaux albums "Gracias" et un remarquable duo cubano brésilien "Omara Portuondo & Maria Bethânia"...
Omara Portuondo aura attendu longtemps une reconnaissance aux Etats-Unis et en Europe. Pendant toutes ces décennies Omara est restée chère au coeur des Cubains toutes générations confondues. Ses participations au Buena Vista Social Club, la seule femme du casting et au dernier album de Compay Segundo, sa présence sur scène aux côtés du doyen du son et dans les rares apparitions live de la troupe réunie par Ry Cooder, ont imposé cette voix claire et vibrante qui défie les années.
Omara Portuondo & Maria Bethânia Le disque s'ouvre avec 'Lacho', une émouvante berceuse en hommage à la divinité 'Yemaya', chantée par Omara accompagnée du cajon de Andrés Coayo. Maria Bethânia lui répond en écho avec 'Menino grande', une autre tendre berceuse...
Voilà un disque de femme, de toutes les femmes. Filles, mères, grand-mères, amantes ou amoureuses. Omara enchaîne avec 'Nana para un suspiro' de Pedro Luis Ferrer (un des grands noms de la Nueva Trova), puis récite 'Poema LXIV' de Dulce María Loynaz en introduction à leur premier duo : 'Palabras/Palavras' double chanson à la gloire
des mots... d'amour. Avec 'Tal vez', un son-salsa de Juan Formell (leader de Los Van Van), le duo s'anime et se réchauffe. Entrelacs de chants 'à la cubaine' pour commencer, suivi de Você, douce ballade cette fois 'à la brésilienne', où les deux voix alternent pour mieux s'entrecroiser ensuite. Moment de sincérité parfait suivi par deux profondes chansons
d'amour blessé : 'Arrependimento' (solo de Bethânia) et 'Mil congojas' (solo de Omara).
Mais le duo se reforme bien vite pour interpréter avec une joie malicieuse et douce 'Só vendo que beleza' (Marambaia), petite perle signée Rubens Campos et Henricão, un des plus grands moments de l'album. Dans 'Para cantarle a mi amor' on retrouve tendresse et chansons douces qui unit les deux reines chanteuses. Le disque se termine sur une tonalité de délicatesse féminine avec deux chansons : 'Caipira de fato' et 'El amor de mi Bohío' réunies en un seul mouvement. Magique.