SORTIES SALSA - ARTISTES A REDECOUVRIR
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| Una y otra vez Entre 2007 et 2010, Sergent Garcia enchaîne les avions et les concerts : Madagascar, Italie, Colombie, Mexique, France, Etats-Unis… C'est au cours de ces voyages incessants que le franco-basque tombe en amour avec la musique de rue colombienne. L'énergie qui s'en dégage et les métissages des différents rythmes modernes et traditionnels qu'elle opère lui inspire "Una y otra vez" ("maintes et maintes fois"). Le disque est paru en mars 2011 en Europe et en mai 2011 en Amérique et pourrait se classer sous l'étiquette "électrotropicale". Richard Blair, ancien compagnon de Peter Gabriel, a en effet convaincu Sergent Garcia d'inviter une nouvelle fois la fée électro à épouser les sonorités sud-américaines. Ce nouvel album est un hymne tonitruant aux tropiques, empli de percussions et de militantisme. Viva El Sargento Les mélanges, il n'y a que ça de frais et Sergent Garcia a été l'un des premiers à y croire, tout comme il pense fortement que la question des origines est à l'origine de toutes les questions. En 1997, sûr de sa vocation, il grave tout seul, son premier enregistrement sous l'intitulé mi-provocateur mi-jubilatoire " Viva El Sargento".La suite, on la connaît. Il s'adjoint une bande de fêlés "Los Locos Del Barrio " et entame une longue série de concerts qui les fait découvrir à un public de plus en plus nombreux. En février 1999, sort l'album à succès " Un Poquito Quema'o ", acte fondateur d'une Salsamuffin' qui installera solidement une réputation internationalet le savoir-fêter du Sergent Garcia et de son groupe.
L'agitateur en chef d'un " son " made in France n'a jamais eu la prétention de fonder une troupe afro-cubaine mais a eu l'ingéniosité de mettre au point un mélange tenant compte des racines communes entre Jamaïque et Cuba. Hostile aux cloisonnements, il aime livrer la part la plus spontanée et, pourquoi pas, la plus indisciplinée de styles plus proches qu'on le croit. A l'image de ce nouvel opus au titre à la fois commun et si significatif : " Sin Fronteras " (Sans Frontières). Toujours aussi salsamuffin, soit deux noms propres constituant un audacieux trait d'union. Il y a là-dedans comme un goût d'aventure, de farniente, de vacances ou d'exil. L'album, qui reflète l'énergie constatée sur scène, est plus mature que le précédent. La voix a suivi l'évolution de l'artiste
: il a appris à en doser l'intensité alors qu'au début, les compositions sont soignées, surprennent toujours au détour d'un changement de style, de rythme, cette musique riche sait
rester simple, tout comme le personnage. Il y juste un DJ, un guitariste-chanteur gitan, un percussionniste, un violoniste et un duo malien magique, celui qui est formé par Amadou et
Mariam, rencontrés aux hasards des chemins. Sin Fronteras " s'ouvre sur "Que Traigan La Salsa " mélodieux et fiévreux avec un déluge de percussions, des choeurs dopés et ses atours funky. Le texte évoque, le monde et ses richesses inéquitablement réparties. On arrive sur " Gigante ", écrit à l'origine pour les besoins d'un film de Carlos Saura jr, alternance entre ambiances latines et reggae. Les mots font allusion à l'enfermement dans les grandes villes et expriment la soif de liberté. " No Me Digas ", à l'esprit festif et au chant plus ragga-hip hop nous entraîne dans une salsa endiablée. les rivages du reggae sont franchement abordés avec " Je sais ", contant une histoire sur quelqu'un qui a tout perdu mais se raccroche à l'existence. Bâti comme une descarga (jam sessions à la cubaine), " Por Ti " prend des allures improvisées de tequila rapido. Pour enchaîner sur " Adelita ". C'est le morceau le plus sensuel de l'album, parlant d'un gars qui ne veut plus travailler mais seulement faire des siestes avec sa copine. Changement de cap, avec l'Afrique en vue, dans " Seremos ", en duo avec les magnifiques Amadou et Mariam, très convaincants dans leur registre solidaire et fraternel. Retour vers le futur avec " Salsamania ", sonnant ici plus ragga que salsa. Puis le Sergent enchaîne " Resiste Me ", rumba/son entrecoupés de ragga, en duo avec Balbino le gitan, à la guitare et au chant. " Los Desaparecidos ", repris du répertoire de Ruben Bladens, chanson hommage aux disparu(e)s des dictatures, " Quitate La Arena " morceau fleuve qui démarre sur une "Timba", des plus cubaines, pour nous entraîner vers des récifs jazzy et Africains avec "Asi Toco La Mano". Au bout de la traversée, surgit " Rumba Sin Fronteras ", composé par Ivan Montoya, le percussionniste cubain, joyeux et incantatoire par ses effusions de "son", sur fond de comparsa et de musique de carnaval. Comme on peut l'observer et l'entendre, Sergent Garcia n'a rien perdu de ses qualités récréatives mais il ne néglige nullement les maux de la terre.
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