REPORTAGES A CUBA
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Il y a cinquante ans, les derniers jours de décembre 1958, les guérilleros barbus de M. Fidel Castro enfonçaient l'armée du dictateur Fulgencio Batista, obligeant celui-ci à quitter Cuba. La révolution commençait. Pour des millions de femmes et d'hommes d'Amérique latine naissait alors un immense espoir de justice sociale. Les réussites du régime en matière d'éducation et de santé sont connues ; ses échecs dans le domaine des libertés, de l'agriculture et de l'économie aussi.
Les Cubains sont obsédés par la nourriture. L'une des blagues les moins méchantes sur les grandes faims de la " période spéciale" est celle-ci : " Quelle est la différence entre une noix de coco et un réfrigérateur cubain ? " Réponse : " Aucune. Les deux ne contiennent que de l'eau. " L'une des plus cruelles évoque le zoo, et raconte qu'au fur et à mesure que la faim augmentait il fallut changer les panneaux : d'abord, " Interdiction de donner de la nourriture aux animaux ", puis, " Interdiction de manger la nourriture des animaux ", et enfin... " Interdiction de manger les animaux "... Le correspondant d'un quotidien espagnol fut invité à quitter Cuba lorsqu'il révéla que tous les chats de La Havane avaient disparu... La télévision fit appel à une animatrice de l'époque de Batista, Nitza Villapol, pour présenter, pendant cette « période spéciale », des recettes de cuisine sans viande, à base des rares produits disponibles sur la carte de rationnement : pommes de terre au four ; purée de pommes de terre à l'oignon ou à l'ail avec de la graisse de porc et du jus d'orange ; dessert de pommes de terre avec du sucre et des pelures d'orange.
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