60 années de carrière, 80 ans d’amour pour la musique afro-cubaine
Ernesto "tito" Puentes Big band - 21 musiciens sur scène, le vendredi 4 Juin 2010
au New Morning
Plongez au coeur des sons afro caribéens avec le big band d’Ernesto TITO Puentes.
Avec sa trompette et ses cuivres percutants, Ernesto Tito Puentes, ce cubain octogénaire musicien et chef d’orchestre dirige un big band de 21 musiciens mêlant jazz et musique afro-cubaine depuis une vingtaine d’années. Il débutera une grande tournée dans toute la France en hommage à l’un des plus importants trompettistes de
l’histoire du jazz, Dizzy Gillespie.
LES DEUX HOMMES NE SE SONT JAMAIS CROISÉS ET POURTANT...
La même passion dévorante pour la trompette
Dizzy entame son apprentissage de la trompette en autodidacte et parfait ensuite son enseignement auprès de musiciens professionnels. Engagé par le chef d’orchestre Frank Fairfax à l’âge de 18 ans, il se produira par la suite avec les plus grands jazzmen de son temps, mais aussi aux côtés de nombreux chanteurs et musiciens phares de son époque comme le fameux Cab Calloway, Thelonious Monk, Ella Fitzgerald, Benny Carter ou encore Fletcher Henderson.
Tito, quant à lui, apprend à jouer d’abord auprès de ses oncles, puis se dirige au coeur de la Havane afi n de poursuivre son apprentissage en prenant des cours au conservatoire et en se produisant dans des clubs populaires. Son acharnement musical porte ses fruits puisqu’il va intégrer l’orchestre mythique d’Arsenio Rodriguez. Tous deux font preuve d’une rapidité d’exécution époustouflante, d’une sonorité hors du commun tout en développant leur style propre.
Le style
Dizzy Gillespie a notamment participé à la création du style bebop et a contribué à introduire les rythmes latino-américains dans le jazz. Dès 1940, Dizzy
est impliqué dans le mouvement appelé « musique afro-cubaine». En 1947, il coécrit Manteca en compagnie de Chano Pozo et jette ainsi les bases du jazz afrocubain. Il poursuivra dans cette veine avec des titres comme : « Algo Bueno », « Wamba », « Tintin deo », ou « Cubana be ». Ernesto Tito Puentes a sublimé cet héritage à travers sa musique originale. A la recherche lui aussi de nouveaux sons et de liberté musicale, son style est influencé par le mambo, le chacha, le merengue, l’habanera ou par la musique purement africaine. Ernesto Tito Puentes explique: « Ma musique n’est pas une ‘‘salsa’’ une sauce faite de tout et de rien, ma musique, c’est mon pays, mes racines, les rythmes qui ont bercé mon enfance… Ma musique est afro-cubaine, tout simplement ».
Les formations « big band »
Ces deux artistes se distinguent aussi par leur audace à avoir chacun fondé des big band. A l’époque de Dizzy, beaucoup
de chefs d’orchestre avaient abandonné cette idée, lorsque celui-ci a le culot de regrouper dans sa formation aussi bien Thelonius Monk, Milt Jackson que John Coltrane. Cependant, croiser des big band sur les routes des festivals internationaux est devenu aujourd’hui encore beaucoup plus rare que dans les années 40. Les représentations du big band de Ernesto Tito Puentes constituent donc à ce titre des productions plus qu’exceptionnelles. Et que celui-ci rende un hommage à Dizzy apparaît comme une évidence tant leurs parcours d’artistes sont similaires. Ces concerts hommage seront donc pour Ernesto Tito Puentes l’occasion de proposer au public les thèmes emblématiques de Dizzy, arrangés par ses soins ainsi que par plusieurs de ses musiciens.
Plongez au coeur des sons afro caribéens avec le big band d’Ernesto "tito" Puentes.
2008 fût une année clef pour Ernesto TITO Puentes : il y fêta simultanément ses 80 ans, ses 60 ans de carrière etles 100 ans de sa mère Victoria (qui a donné son nom au dernier album de son maestro de fils). La musique dite « salsa » de TITO est rythmée, cuivrée, chaloupée et orchestrée de main de maître.
Véritable sauce (salsa en espagnol) fine et équilibrée, la musique d’Ernesto TITO Puentes voit se côtoyer douce mélancolie, ambiance festive et arrangement à la désuétude kitch revendiquée. D’un clin d’oeil filial, il remet aux couleurs cubaines 2 chansons de la variété française : une reprise de Marcia Baila des Rita Mitsouko à la rythmique grisante, une autre de Que Reste t-il de Nos Amours de Charles Trenet invitation à la nostalgie. Il livre également en live le titre original Te Luego : morceau à la réalisation parfaite où la sensualité n’a d’égal que l’élégance de l’interprétation. Les créations, rythmiquement électrisantes, transpirent la générosité et la sensualité des musiques latines. L’ensemble raconte toute l’histoire rythmique de la vie de l’artiste : empreinte de caraïbes, teintée de jazz, métissage de rythmes africains et de sonorités cuivrées.
L’invitation au partage et au voyage. Sur scène, dès les premières mesures, le Big Band témoigne de sa puissance : 19 musiciens (5 saxophones, 4 trombones, 4 trompettes, piano, basse, batterie, congas, timbales, percussions mineures) et 1 chanteuse. La technicité et le talent des musiciens subliment les créations et les arrangements du maestro. Les titres s’enchaînent pour transporter l’audience dans la fête d’un club franco-cubain de la Havane.
60 années de carrière 80 ans d’amour pour la musique afro-cubaine : à consommer sans modération.