Le "Nouveau Monde "
Dès la fin du 16e siècle, Cuba se repeuple et commence à jouir d’une réputation de plate-forme commerciale. Située entre l’Ancien et le Nouveau Monde, elle sert d’escale aux navires chargés de marchandises qui effectuent la liaison entre l’Espagne et ses colonies. L’introduction de la canne a sucre aux premiers temps de la conquête de l’île donne naissance à une industrie sucrière qui ne cessera de se moderniser au fil des siècles. Vers la fin du 16e s., on construit les premiers trapiches, petits moulins actionnés par des animaux ou des hommes. En l’absence de main-d’œuvre indienne, les colons ont recours à un nombre croissant d’esclaves africains.

Cette traite d’esclaves ne cessera qu’à la fin du 19e s., époque à laquelle les Noirs auront dépassé en nombre les Blancs. En marge de cette industrie, Cuba se consacre à la culture du tabac ainsi qu’à l’élevage. Cependant, les échanges sont soumis au monopole commercial de l’Espagne, la métropole imposant des taxes et des conditions commerciales de plus en plus drastiques pour les criollos (Espagnols nés à Cuba que l’on oppose aux péninsulares nés en Espagne).

Plusieurs révoltes de vegueros (planteurs de tabac) éclatent au début du 18e s. contre le monopole du tabac imposé en 1717. Ce climat de méfiance vis-à-vis de la métropole coïncidence avec la concurrence que se livrent les différentes puissances européennes à la recherche de nouveaux marchés.

A Baracoa, entre 1791 et 1827, soit en 35 ans, le nombre de blancs avait triplé alors que celui des esclaves a été multiplié par dix. Les esclaves, tout comme les indiens, commencèrent à se révolter et dans un premier temps s'échappèrent des plantations. Les contreforts du Yunque à Baracoa ont accueillis de nombreux "cimarrones" (esclaves en fuite).

L’occupation de la Havane par les Anglais, à partir d’août 1762, marque un tournant décisif dans l’économie cubaine. Au cours de ces dix mois, la capitale découvre la liberté du commerce et s’oriente vers de nouveaux marchés, notamment les colonies américaines. Elle conservera son ouverture au commerce international même après le retrait de l’Angleterre.

Au lendemain de leur Indépendance, les Etats-Unis multiplient leurs échanges avec Cuba pour devenir en un siècle le marché principal de certains de ses produits. Enfin, la révolte des esclaves menée par Toussaint-Louverture en Haïti en 1791 constitue une aubaine pour l’économie cubaine. La ruine des plantations françaises sur l’île voisine génère une flambée des prix de la production sucrière cubaine. Pour répondre à la demande internationale, le pays doit moderniser son infrastructure : des ingenios ( moulins à sucre ) modernes sont construits et la première ligne de chemin de fer est inaugurée en 1837.

Baracoa, au coeur de la guerre de la Flibuste...
L'or avait été le prétexte pour exterminer les indiens Taïnos et asservir les populations africaines. En son nom, se déclenchèrent les passions, attirés par les richesses que transportaient les galions dans les Caraïbes. Entre 1550 et 1770 il y a en permanence plusieurs milliers de pirates et corsaires qui naviguent dans les Antilles, Ils s'attaquent aux ports, s'incrustant de plus en plus à l'intérieur des terres, à la solde des puissances ennemies de l’Espagne, font de nombreuses incursions sur l’île jusqu’à la fin du 18e s. Victimes de pillages incessants, les habitants ont aussi pris l’habitude de se livrer à des activités de contrebande avec les écumeurs des mers, contournant ainsi le lourd monopole commercial de la Couronne espagnole.