Zoé Valdés



Sélection de livres sur Cuba, Zoé Valdés

La Nuit à rebours

La Nuit à rebours« La Havane-Paris, le trajet durerait toute une nuit [...] J’avais tenu quinze années, le verrou poussé, sans à peine voir personne. Pendant tout ce temps, il y avait eu un grand silence, une parenthèse infernale dans ma vie. »

Le néant quotidien

Zoé Valdes - Actes Sud, 1995

Le Néant quotidienZoé Valdés, écrivaine d'origine cubaine exilée à Paris depuis 1995, a profité de l'occasion pour parler ici de son livre, un «essai romancé», La Fiction Fidel, une charge à fond de train contre Fidel Castro publiée chez Gallimard.

L'histoire ne m'intéresse absolument pas, sauf pour écrire des romans

D'entrée de jeu, l'écrivaine précise : depuis le temps qu'on lui parle de politique alors qu'elle écrit de la fiction, elle a décidé cette fois d'aller au fond des choses. «L'histoire ne m'intéresse absolument pas, sauf pour écrire des romans. Les dates, les faits précis et les noms, je m'en fiche; à moins que ce ne soit pour inventer ce que je voudrais raconter dans la fiction. Je ne suis pas historienne, ni scientifique, mais je ne suis pas insensible à l'ironie de la raison», écrit-elle. Lorsqu'on l'interroge sur l'appellation «essai romancé» qui coiffe son ouvrage, elle répond que ce qui y figure est réel, mais qu'elle ne peut pas toujours le prouver scientifiquement. Lorsqu'elle parle, par exemple, d'un exemplaire du Mein Kampf d'Hitler que Fidel Castro aurait soigneusement conservé et annoté, elle explique que cet exemplaire aurait disparu dans un accident de la route impliquant le jeune homme qui le détenait...

J'accuse

Le Néant quotidienDans un texte intitulé J'accuse, Zoé Valdés dresse une longue liste des récriminations qu'elle entretient contre le dictateur, qu'elle accuse «d'avoir dévasté le pays, d'avoir ruiné son économie et sa culture, d'avoir plongé la conscience politique du peuple cubain dans le plus profond des abîmes, celui de la terreur». Elle accuse aussi, entre autres, le régime «d'encourager la prostitution infantile», elle dénonce «le haut niveau d'analphabétisme qui s'est accru par manque de livres, à force de recevoir comme éducation un discours unidimensionnel recouvert d'une idéologie apologétique, castratrice et génocidaire».



Persona non grata à Cuba

Zoé Valdés est persona non grata à Cuba depuis la parution de son livre Le Néant quotidien, traduit de l'espagnol, en 1995, en France. Après sa publication, l'écrivaine a donné des entrevues considérées comme incommodantes par le gouvernement cubain. Depuis, on lui a fait clairement savoir qu'elle ne pouvait plus rentrer dans son pays.
«Je me suis dit: si j'écris ce livre, ils [les lecteurs] vont au moins avoir une notion de ce qui est pour moi la politique, avoir une connaissance de l'histoire. J'ai pensé que ça ouvrirait un chemin plus court, quand chaque fois on doit expliquer ce qui se passait à Cuba avant.»

Fulgencio Batista

Avant, c'est largement l'époque de Fulgencio Batista, que Zoé Valdés ne se prive pas de réhabiliter en utilisant des données qu'elle a récoltées, dit-elle, à Miami et auprès de la famille de l'ex-président cubain, puisque ces pages de l'histoire sont, depuis la venue du régime castriste, dit-elle, introuvables sur l'île.
«Quand, entre 1940 et 1943, l'Europe brûlait sous le joug nazi, Cuba était un modèle de démocratie et de développement pour beaucoup de pays. La figure majeure de ce triomphe de la scène cubaine, largement présent à l'extérieur, fut assurément le président Fulgencio Batista, admiré par des personnalités du monde entier, parmi lesquelles le président Franklin D. Roosevelt», écrit-elle. Les femmes cubaines, précise-t-elle, ont obtenu le droit de vote avant les femmes américaines. Le parti ouvrier socialiste a été fondé à Cuba en 1904. Si Zoé Valdés déplore rapidement le coup d'État mené par Batista en 1952 et la débâcle qui a suivi, elle insiste sur le fait que Batista était métis et qu'en tant que tel, il était l'objet du racisme de la bourgeoisie cubaine.

Une vision de la politique de Cuba

«Ces mêmes bourgeois gauchistes que nous voyons aujourd'hui partout sont les mêmes qui grondaient en privé, retranchés dans leurs demeures: "Fidel, Fidel, débarrasse-nous du Négro!" Par cette apostrophe, ils désignaient Batista.

J'ai toujours pensé que Fidel Castro les méprisait et transformait leurs villas en latrines, en leur mettant entre les mains une balayette pour nettoyer les cabinets, car il n'a jamais pu supporter de devoir son pouvoir à pareille canaille.

- Zoé Valdès

Un ressentiment immense contre Fidel Castro

L'écrivaine entretient manifestement un ressentiment immense contre le dictateur qui règne sans partage sur l'île depuis 1959, qu'elle n'hésite pas à comparer à Oussama ben Laden et dont elle met en lumière le culte de la personnalité.
«On a une vision de la politique de Cuba selon laquelle les gens sont contents du gouvernement, il n'y a pas d'opposition, c'est un gouvernement et non une dictature, et ce sont des gens qui ont le droit de former une succession dynastique castro-communiste. Tandis que, dans la réalité, les gens ne sont pas vraiment d'accord avec cela, mais ils ne peuvent pas s'exprimer. Ils sont obligés de marcher le 1er Mai massivement parce que sinon ils perdent leur boulot. Les gens ne sont pas d'accord avec cette succession dynastique. Ils voudraient bien autre chose. Ils voudraient bien, je pense, comme partout, devenir un pays normal où il y a une démocratie, où il y a des élections», dit-elle.

Dénoncée comme subversive

Quant au changement annoncé par Raúl Castro, elle n'y croit pas. Et elle lance qu'il y a à Cuba un comité de défense de la Révolution dans chaque édifice, et qu'une association de trois personnes peut être rapidement dénoncée comme subversive.

Auteurs Cubains

Pedro Juan Gutierrez

Pedro Juan GutierrezPedro Juan Gutierrez, est un citoyen pas très anonyme. Admiré et controversé, il est longtemps censuré à Cuba mais aussi aux États-Unis ou il est considéré comme l’un des auteurs les plus anticonformiste d’Amérique Latine.

Reinaldo Arenas

Reinaldo ArenasReinaldo Arenas, Ses critiques contre le pouvoir et son homosexualité lui valurent de connaître la prison et les camps de réhabilitation par le travail. Il quittera Cuba pour les Etats-unis en 1980.

Wendy Guerra

Wendy GuerraWendy Guerra, elle est reconnue à Cuba pour son œuvre poétique, des recueils tels que le précoce Platea a oscuras (1987) ou Cabeza rapada (1996).


Livres - Cuba

Cuba et la Musique cubaine

Cuba et la Musique cubaineNueva timba havanaise, son d'Oriente, columbia de Matanzas, sucu-sucu de l'île des Pins, tonadas de Trinidad, trova, chansons des rues... Cuba est une terre de musiques qui a donné au monde des rythmes - rumba, cha-cha-cha, mambo...-, et des voix célèbres - Compay Segundo, Celia Cruz, Machito... Ce livre invite à une promenade musicale dans l'île et raconte la naissance de ses musiques : les influences africaines, espagnoles, créoles qui les ont façonnées, ses figures célèbres ou méconnues, les carnavals, les rites religieux et les particularités locales qui font sa richesse et son charme.

Caliente !

Cuba et la Musique cubaineEn moins de cinq ans, Compay Segundo est passé d'un quasi anonymat à la célébrité la plus méritée. Ce parcours musical hors de l'ordinaire est connu. Ses spectacles, ses disques ont triomphés partout. Aujourd'hui, grâce à Lino Betancourt, Compay, sa vie, son oeuvre font l'objet d'un livre (édité par la maison d'édition José Marti) fait de témoignages, dont bon nombre sont inédits, du guitariste-chanteur-compositeur lui-même et venant aussi d'autres artistes, de journalistes, écrivains ou musicologues.