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Wendy Guerra

Mère Cuba

Wendy Guerra
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Mère Cuba
Wendy Guerra - Stock

Mère Cuba brode à merveille les registres littéraires pour en faire un délicieux patchwork de destins cubains, à travers le temps et l’espace.
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Wendy Guerra est née à La Havane en 1970. Collaboratrice à diverses revues, elle est reconnue à Cuba pour son œuvre poétique, des recueils tels que le précoce Platea a oscuras (1987) ou Cabeza rapada (1996). Au nombre de ses publications remarquées par la critique comme par les lecteurs, s’ajoute l’audacieuse création littéraire Posar desnuda en La Habana. Diario apócrifo de Anaïs Nin. Cette œuvre hybride à mi-chemin entre l’essai et la fiction, nourrie de recherches concernant les Journaux de Nin et son séjour sur l’île.

Tout le monde s’en va
Ce premier roman revêt la forme d’un journal intime, celui de Nieve, qui grandit dans la Cuba des années 1980. Elle consigne là les événements marquants de son existence, de l’enfance aux prémisses de sa vie de femme. Tiraillée entre des parents artistes et bohèmes qui se déchirent, elle va connaître un destin fait de perpétuels départs, de séparations successives. Petite fille, elle vit à Cienfuegos avec sa mère et son amant suédois, qui lui transmettent le goût du jeu et de la lecture. Puis son père obtient brutalement sa garde et l’entraîne dans les montagnes avec sa troupe de marionnettistes. Après avoir subi les pires traitements, elle sera confiée au « Centre de détention infantile », l’orphelinat en jargon castriste, avant de pouvoir revivre avec sa mère et quitter avec elle le sud de l’île pour La Havane d’où elles ne cesseront d’espérer une autorisation de quitter le pays. Alors que tout le monde s’en va…


Mère Cuba
« Machisme-léninisme ». A mi-chemin entre l’autobiographie et la fiction, Mère Cuba brode à merveille les registres littéraires pour en faire un délicieux patchwork de destins cubains, à travers le temps et l’espace. Nadia Guerra, la narratrice, abandonne, suite à la censure, l’émission de radio qu’elle anime à La Havane. Son objectif : retrouver sa mère, Albis Torres, qui a fui Cuba lorsque Nadia était enfant. Elle la retrouve à Moscou, malade et sans mémoire. Commence alors pour Nadia l’enquête auprès de tout et de tous afin de reconstituer le destin de cette mère inconnue. Comme des poupées russes, la carapace d’Albis Torres laisse place à un autre personnage, historique et bien connu : Celia Sánchez, l’unique femme à la tête d’un escadron de combat pendant la Révolution cubaine, et grande confidente de Fidel Castro.

Tout le monde s’en va
La construction d'un personnage, la naissance d'une femme
" J'ignore quand j'ai songé à quitter l'enfance. J'ai payé très cher le fait de grandir seule alors que tous quittaient l'île. Ils m'ont abandonnée progressivement ; aujourd'hui, je ne peux pas me comporter comme une femme ordinaire, je suis hors du monde. Les outils que l'on m'a donnés ne me servent à rien, je vis réfugiée dans mon Journal. "

Un journal intime qui sera le refuge de notre jeune fille. Et un piège à lecteurs : on sait bien ce qu'il en est du fantasme, du mensonge et des arrangements dans un tel carnet. Encore plus lorsqu'il se fait objet littéraire… Au cas où, notre narratrice l'écrira clairement :
"Je vais tout exagérer, même si je deviens la petite fille la plus menteuse du monde."

"Ma mère me dit que, si je veux vivre sans parler de politique, je dois partir au Canada, dans un petit village bien froid habité par des gens qui coupent des arbres, qui ne savent même pas le nom du Président qui gouverne ce pays et ne s'y intéressent pas non plus. A Cuba, d'après elle, la politique est dans ce que tu manges, dans ce que tu portes, dans le lieu où tu habites, dans ce que tu as et même ce que tu n'as pas".

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