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Graham Greene - Robert Laffont - 1970
Ce classique du roman d'espionnage, excellente démonstration de l'humour british, est aussi une bonne occasion de découvrir l¹atmosphère de la capitale cubaine avant la Révolution.
L'œuvre littéraire du romancier anglais Graham Greene (1904-1991) est abondante et diverse. Notre Agent à La Havane (1958) se situe au milieu de sa carrière. Greene a déjà laissé derrière lui les romans « catholiques » de ses débuts, qui ont marqué leur époque (surtout La Puissance et la gloire, 1940), mais ne touchent pas de la même façon le lecteur d'aujourd'hui. D'un autre côté, Notre Agent à La Havane n'appartient ni à la veine franchement comique de l'avant-dernière période (Voyages avec ma tante, 1969), ni à l'apparente austérité teintée d'invention baroque de la toute dernière phase (Le Docteur Fischer de Genève, 1980).
L'œuvre romanesque de Greene se caractérise entre autres par la variété géographique et politique des terrains qu'elle couvre. Plusieurs pays d'Afrique, le Mexique, le Vietnam, Haïti figurent parmi ses décors ; de tous Greene parle avec compétence. Notre Agent à La Havane se passe, comme l'indique son titre, à Cuba ; l'action se situe avant l'arrivée au pouvoir de Fidel Castro, sous la dictature de Batista.
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Ambiance nocturne
Notre agent à la Havane. est considéré comme le meilleur livre du Britannique Graham Greene (1904-1991).
Extrait Les tribulations d’un vendeur d’aspirateurs devenu espion malgré lui y sont narrées avec un humour anglais. Publiée en 1958, cette oeuvre dépeint l’atmosphère de la capitale cubaine à la veille de la Révolution. L’auteur l’évoque ainsi dans la préface de son roman :
" Au Shangaï, pour un dollar et vingt-cinq cents, on pouvait voir un spectacle de nus d’une extrême obscénité et, pendant les entractes, les films les plus porno du monde "...
Le Shangaï se trouvait dans une étroite ruelle latérale donnant dans le Zanja et entourée de bars enfoncés dans les maisons. Un panneau publicitaire annonçait : Posiciones, et pour une raison mystérieuse les billets d’entrée étaient vendus sur le trottoir extérieur. Peut-être parce qu’il n’y avait pas de place pour un guichet dans le vestibule, occupé par une échoppe d’ouvrages pornographiques destinés aux spectateurs qui voulaient se distraire pendant l’entracte. Dans la rue, les proxénètes, de couleur regardèrent Béatrice et Wormold avec curiosité. Ils n’étaient pas habitués à voir des femmes européennes à cet endroit.
On se sent loin de son pays, dit Béatrice Les places coûtaient toutes 1,25 peso et il en restait très peu de vides dans la vaste salle. L’homme qui les conduisit à leurs fauteuils offrit à Wormold un paquet de cartes postales obscènes pour 1 peso. Quand Wormold les refusa, il en tira un deuxième choix de sa poche.
Achetez-les si vous en avez envie, dit Béatrice. Si ça vous gêne, je garderais les yeux fixés sur le spectacle. - Il n’y a guère de différence, dit Wormold, entre le spectacle et les cartes postales. L’employé demanda si la dame désirait une cigarette de marijuana. Nein, danke, répondit Béatrice, pataugeant dans ses langues étrangères. De côté et d’autre de la scène, des affiches donnaient l’adresse de clubs situés dans le voisinage, où les filles, y lisait-on, étaient belles. Un avis
en espagnol et en mauvais anglais interdisait au public de molester les danseuses."...
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