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AMBIANCE NOCTURNE
Notre agent à la Havane.
est considéré comme le meilleur livre du Britannique
Graham Greene (1904-1991).
Extrait
Les tribulations d’un
vendeur d’aspirateurs devenu espion malgré lui y sont
narrées avec un humour anglais. Publiée en 1958, cette
oeuvre dépeint l’atmosphère de la capitale cubaine à
la veille de la Révolution. L’auteur l’évoque ainsi
dans la préface de son roman :
" Au Shangaï, pour un dollar et vingt-cinq cents,
on pouvait voir un spectacle de nus d’une extrême obscénité
et, pendant les entractes, les films les plus porno
du monde "...
Le Shangaï se trouvait
dans une étroite ruelle latérale donnant dans le Zanja
et entourée de bars enfoncés dans les maisons. Un panneau
publicitaire annonçait : Posiciones, et pour une
raison mystérieuse les billets d’entrée étaient vendus
sur le trottoir extérieur. Peut-être parce qu’il n’y
avait pas de place pour un guichet dans le vestibule,
occupé par une échoppe d’ouvrages pornographiques destinés
aux spectateurs qui voulaient se distraire pendant l’entracte.
Dans la rue, les proxénètes, de couleur regardèrent
Béatrice et Wormold avec curiosité. Ils n’étaient pas
habitués à voir des femmes européennes à cet endroit.
On se sent loin de son
pays, dit Béatrice Les places coûtaient toutes 1,25
peso et il en restait très peu de vides dans la vaste
salle. L’homme qui les conduisit à leurs fauteuils offrit
à Wormold un paquet de cartes postales obscènes pour
1 peso. Quand Wormold les refusa, il en tira un deuxième
choix de sa poche.
Achetez-les si vous
en avez envie, dit Béatrice. Si ça vous gêne, je garderais
les yeux fixés sur le spectacle.
-Il n’y a guère de différence, dit Wormold, entre le
spectacle et les cartes postales. L’employé demanda
si la dame désirait une cigarette de marijuana. Nein,
danke, répondit Béatrice, pataugeant dans ses langues
étrangères. De côté et d’autre de la scène, des affiches
donnaient l’adresse de clubs situés dans le voisinage,
où les filles, y lisait-on, étaient belles. Un avis
en espagnol et en mauvais anglais interdisait au public
de molester les danseuses."...
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