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NOTRE SELECTION LIVRES & MUSIQUES DE CUBA

Livres & musique cubaine

Ritmo Cubano

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Ritmo Cubano


Olivier Cossard - Helio Orovio - Editions La Mascara.


Extraits - Suite...

La marque Discuba, créée à la fin des années 50 sous le parrainage de la RCA-Victor, eut une existence éphémère en raison des circonstances historiques troublees de l'île. Son patron, Eliseo Valdes, fin et experimenté connaisseur des milieux artistiques, eut néanmoins le temps d'y mettre en ouvre de superbes enregistrements du plus grand chanteur cubain de tous les temps, Beny More, de l'orchestre Aragón, de l'étonnante La Lupe, de Pacho Alonso y sus Bocucos (aux boléros finement ciselés), de Xiomara Alfaro et du Cuarteto D'Aida, compose des chanteuses Omara et Haydee Portuondo, Elena Burke et Moraima Secada, aux futures grandes carrières individuelles...


En 1957, un musicien, Ernesto Duarte, et un artiste, Guillermo Alvarez Guedes, décident de lancer une nouvelle marque : Gema. Quelques mois plus tard, Duarte quitte l'affaire pour lancer son propre label et Guillermo reprend les rênes, assisté par son frêre Emilio. Ils pensent, a raison, que la décade des années 50 est l'une des plus fertiles en nouveaux talents que Cuba n'ait jamais connu et vont se dédier a la recherche de nouvelles têtes. Ils produiront d'excellents albums de Rolando Laserie, Fernando Alvarez, Rolo Martínez, Guillermo Portabales, Celeste Mendoza ainsi que deux disques d'anthologie de Elena Burke.

D'autres labels d'inégale importance développèrent aussi leur activité créatrice a Cuba. Les collectionneurs sont aujourd'hui très friands des disques Duarte (Cachao, Luisito Pla), Maype (Cuni et Chapottin), Velvet (Ñico Membiela, Conjunto Casino, Perruchin), Suaritos (Celina et Reutilio), Ferrer (Pepe Reyes) ou Modiner, Meca et Fama. Ces petits labels furent souvent très actifs dans la promotion de nouveaux interprêtes ou denouveaux compositeurs au style prémonitoire des nouvelles tendances à venir.

A partir de 1960, le nouveau régime révolutionnaire cubain va progressivement nationaliser l'ensemble des entreprises privées. Il confisque les biens et répertoires des sociétés discographiques antérieures et les regroupe au sein d'une seule et unique entité étatique, l'Egrem (Societé d'enregistrements et d'éditions musicales). Des disques paraissent encore, mais sous des logos comme Panart nationalisé !

Naît alors un conflit juridique, qui perdure encore, sur la propriété
légale des ouvres concernées. Quelques entrepreneurs ont pu sauver tout ou partie de leurs masters et archives et recommenceront à les commercialiser à partir des États-Unis. Mais la situation donne le signal d'un véritable pillage du répertoire cubain a l'échelle mondiale. Des millions de disques et de cassettes de musique cubaine vont désormais se vendre dans le monde sans l'ombre d'une rémunération pour leurs divers ayant-droits, auteurs et compositeurs, interprêtes et producteurs.


Charanga Habanera L'État révolutionnaire promulgue également une nouvelle loi réduisant la durée du droit d'auteur, compliquant ainsi encore un peu plus l'imbroglio politico-juridique. De son coté, l'Egrem crée plusieurs sous-marques, dont la plus notable est le label Areito. Elle re-commercialise les anciens catalogues sous son propre nom et s'attelle a enregistrer les nouveaux talents cubains, désormais tous salariés de l'État.
Compay Segundo & Ibrahim Ferrer
Mais la musique cubaine ne retentit plus dans le monde : son impact s'éteint et des musiciens comme Compay Segundo et Ibrahim Ferrer redeviennent rouleurs de cigares ou cireurs de chaussures. Les nouvelles modalités d'accès au statut d'artiste, la définition même de son rôle au sein de la société, les difficultés économiques et bureaucratiques croissantes et la pénurie de matières premières éssentielles à l'industrie discographique (plastique, papier) vont considérablement ralentir le flôt de la production.

Le panorama des années 90, désormais dans l'univers du Disque Compact numérique, est substantiellement différent. L'Egrem est toujours fidèle au poste mais, après l'écroulement du bloc communiste et la perte des subsides du grand frère soviétique, Cuba a du se résigner à s'ouvrir (massivement) au tourisme et (timidement) aux capitaux étrangers...

Extrait du Livre Ritmo Cubano - Olivier Cossard, Helio Orovio